Son rire sarcastique résonne à mes cotées
" Ca je m’en serai douté "
Pourquoi voulais-tu le savoir alors ? Quel imbécile, ça
me fait déjà assez mal de lui dire, mais je crois bien
qu’il s’en fiche, après tout, à quoi je
m’attendais ? c’est le chevalier du cancer, celui qui se
fait appeler " masque de mort "…
Mais c’est aussi le seul être sur pied dans les parages.
Je le fixe à nouveau, tentant de ne pas céder à la colère qui m’envahit pourtant
" Pourquoi me l’avoir demandé alors ? "
" Quand je te demande qui tu es, je te demande d’ou tu viens, et
comment tu en es arrivé là. Le seul chevalier de verseau
que je connaisse est là bas "
Il me désigne d’un signe de tête notre abris improvisé dans le temple du bélier.
" je sais, et c’est la même chose pour moi "
Son silence suffit à me faire comprendre ce qu’il attend
de moi, même si je suis persuadé que cela ne changera
rien. Et puis, je me rappel quand Mû parlait de cet homme que
j’ai à présent en face de moi. Il le respectait, et
il avait confiance en lui. Disons alors que je peux avoir confiance moi
aussi, et au point on l’on est, ça n’a plus beaucoup
d’importance
" Je suis née en Bretagne, et c’est là que
j’ai vécu jusqu'à ma huitième année.
Je n’ai jamais connu ma mère, et encore moins mon
père.
Tout ce que je sais, et tout ce dont je me rappel, c’est que
j’étais un enfant maudit, jamais personne n’a voulu
m’élever et dès que j’ai su marcher
j’ai survécu seule jusqu'à ce que je rencontre
celui qui est alors devenu mon maître, et bien plus par la suite.
"
Tout semble si simple dit ainsi, il y a pourtant tellement
d’images dans ma tête, d’instant gravés
à tout jamais.
" Ma vie commence pour moi à ce jour, il m’a
demandé si je voulais le suivre, et je l’ai suivit,
j’ignore pourquoi, mais j’avais une entière
confiance en lui, j’ai alors quitté la France pour
rejoindre la Sibérie à ses côtés. "
J’ai l’impression de partir dans un autre monde, je
n’avais jamais à ce point replongé dans mes
souvenirs.
J’ignore s’il veut en savoir plus, sans doute oui, pourquoi
j’en suis arrivé là, pourquoi je suis devenu
chevalier d’or ?
…parce que mon maître m’y a destiné tout simplement
" Quand je suis arrivée en Sibérie, j’étais
sa seule élève, il m’a tout expliqué, le
sanctuaire, les chevaliers d’Athéna, et m’a
demandé si je me sentais prête. Je n’ai pas
réfléchit, cet homme m’avait arraché
à mon cauchemar, et j’aurais tout accepté de
lui…
J’ignorais que je sortais d’un enfer pour replonger dans un autre "
Camus, je me rappel chacun de tes gestes et chacune de tes paroles le
jour ou tu as commencé mon entraînement. Je t’ai
haï ce jour là, celui là et bien d’autres
après. Je te croyais bon et aimant, j’étais loin du
compte, en tout cas c’est ce que j’ai ressenti à cet
instant.
" Faut-il que je te raconte comment c’est passé mon
apprentissage ? tu le sais aussi bien que moi… Camus
n’était pas des plus tendres, mais jamais personne ne
m’avait appris la tendresse. Comment aurait-elle pu alors me
manquer ? j’avais un toit, j’avais à manger,
c’est tout ce qui m’importait. Depuis ma naissance je
m’étais battu, j’étais une bête
sauvage, et mon maître n’a jamais eu à
m’apprendre comment faire abstraction de mes sentiments, je
n’avais pas de sentiments. Tout du moins c’est ce que je
croyais. Je m’entraînais du matin au soir, je voulais
qu’il soit fier de moi, lui prouver que j’étais
digne de ce qu’il m’avait offert. Je voulais lui ressembler
au fond, lui ressembler au-delà de cette ressemblance physique
que nous avions "
Je ne sais même plus si je parle pour lui ou pour moi, je
m’arrête un instant, rivant les yeux sur lui, non,
c’est encore pour lui que je parle. Il saisit une des mes
mèches de cheveux et la tien dans sa main.
Cela l’intrigue, j’en suis certaine, le lien que je peux avoir avec Camus…
" Je n’en sais pas plus que toi, chevalier du cancer. Il ne
m’a jamais rien dit, et je n’ai jamais cherché
à savoir plus que ça. Peu m’importe,
qu’est-ce que ça changerai à présent ? "
" Tu ne veux pas savoir, Aela ? Tu ne veux pas savoir par quel hasard
tu ressembles tant à celui qui est ton maître ?
Tu ne t’en rends peut-être pas compte, mais c’est
tellement évident quand on te voit, ton regard, tes cheveux,
j’ai l’impression de le voir quand je te regarde. "
Je sais, je sais à quel point je lui ressemble, masque de mort,
je le sais, et c’est parfois si dur à vivre, pour moi, et
pour d’autres…
" Je le saurais en temps voulut, je le saurais si Camus décide
un jour de le dire, mais je n’en ai pas besoin. Je veux juste
être digne d’être son élève. Toutes ces
journées et toutes ces nuits qu’il a passé à
m’apprendre, je prenais ça pour une torture au
début, et puis j’ai compris.
J’ai vécu dans l’illusion d’être son
unique préoccupation pendant plusieurs années,
jusqu’a ce que d’autres apprentis me rejoignent,
d’abord Isaak, ensuite Hyoga. J’étais assez forte
pour m’entraîner seule, et c’est ce que j’ai
fait, observant de loin ce qu’il enseignait aux deux autres. Nos
entraînements étaient très différents. Il
était beaucoup plus dur avec moi, parce que j’étais
une fille peut-être. Des milliers de questions sont venus
à moi.
On s’entraînaient pour une armure, mais pourquoi
étions nous trois alors, pourquoi plusieurs entraînement
différents ? Je l’ai détesté de
m’avoir abandonné, mais lui n’a pas supporté
mon comportement, il a alors passé ces jours à
entraîné les garçons, et ces nuits à mes
cotés, à détruire les sentiments que j’avais
pu créer à son égard, ses sentiments qu’il
me croyait incapable d’avoir. Je ne lisais plus la fierté
dans ses yeux, et je l’ai maudit, lui, Isaak et Hyoga, eux qui
m’avaient pris mon maître, et à cause de qui ma vie
ressombrait dans le chaos.
Des années durant tout a continuer ainsi, je vivais à
l’écart de leur habitation, et puis un jour, Isaak est
mort, alors que Camus s’était rendu au sanctuaire, je
n’ai rien fais pour le sauver, j’aurai peut-être
pu… "
Me comprends-tu chevalier du cancer ? j’étais un animal,
je n’avais aucun sentiments si ce n’est ceux qui me liaient
à mon maître, ma seule faiblesse. Je regrette
amèrement aujourd’hui, j’aurais certainement pu le
sauver…
" Hyoga à alors subit un entraînement des plus durs, et je
l’ai rejoins, je ne le comprenais pas, ses motivations
n’étaient pas valables et il était beaucoup trop
faible à mes yeux, mais Camus s’entêtait à le
garder. "
Je m’arrête quelque instants, observant le soleil qui
décline à présent sur la mer, et j’ignores
si cette nuit entière me suffira pour lui expliquer. C’est
étrange tout ce que cela réveille en moi, si je pouvais
changer l’histoire aujourd’hui… Ses yeux ne
m’ont pas quittées depuis tout à l’heure, je
donnerai cher pour savoir ce qu’il pense à cet instant.
" Mes souvenirs sont encore intacts. Je te raconte en quelques mots ce
qui a duré plus de huit années pour moi, et malgré
ce que Camus m’infligeait, je l’admirais, et je profitais
se chaque instant pour parler avec lui, apprendre plus encore de lui,
savoir qui il était, derrière ce mur de glace qu’il
avait dressé autour de lui, et qu’il m’avait appris
à ériger autour de moi. Après la mort
d’Isaak, il était de plus en plus inquiet, je le sentais
comme un vautour sent la mort, inquiet pour lui et pour quelqu’un
d’autre. Je l’ai un jour entendu prononcer un nom dans son
sommeil, je n’ai compris que des années plus tard, lorsque
je suis venue au sanctuaire."
Milo… mon cher Milo, si Camus est ma faiblesse, tu es la sienne,
mais tu ignores sans doute toi-même à quel point il tenait
à toi.
" Il se rendait de plus en plus souvent au sanctuaire, et nous laissait
nous débrouiller seuls, je crois que Hyoga me détestait
alors autant que je pouvais le haïr, il n’était alors
pas difficile de nous combattre à longueur de journée,
j’aurais pu le tuer si je n’avais pas autant respecter les
choix de notre maître à tous les deux.
Un jour, après un long séjour au sanctuaire Camus
à annoncer à Hyoga qu’il était temps pour
lui de passer l’épreuve qui le rendrait capable de
revêtir son armure, ce jour là je l’aurais
étrangler de mes propres mains si Camus n’avait pas
été présent. Je m’entraînais depuis
tant d’années, et je savais ma puissance supérieure
à la sienne, mais ce n’était pas moi que Camus
avait choisit. Il m’a envoyé dans les plaines
gelées de Sibérie, me disant de m’entraîner
jusqu'à ce qu’il vienne me chercher, et pour la
première fois je lui ai désobéit, je lui ai tenu
tête, je voulais lui prouver que j’étais digne de
combattre pour cette armure, et je me souviendrais toujours de ce
qu’il m’a dit "
Je te revois encore, mon maître, ta longue chevelure
emmêlée par le vent, majestueux devant moi, tes yeux
plongés dans les miens
" Tu veux te battre, Aela, alors tu vas te battre, laisse le passer l’épreuve et je te combattrai.
Que pouvais-je répondre ? Alors j’ai attendu, attendu que
Hyoga devienne chevalier du cygne, attendu de le voir passer devant
moi, lui qui avait gagner la reconnaissance de son maître
là ou j’avais échoué. "
Le regard du chevalier du cancer chercha le mien. Il lâcha la
mèche de cheveux qu’il tenait toujours entre ses doigts
" Et tu t’es battu contre Camus ? "
Toujours cette même image devant mes yeux, je ne sais pas ou
j’avais trouvé ce jour là la force de te braver
" Oui, Je l’ai combattu, et cette fois ce n’était
pas un simple entraînement, mais ce n’était pas ses
coups qui me blessaient le plus, mais son comportement, j’avais
beau jouer les indifférents je restais au fond de moi la petite
fille qu’il avait recueillit, et qui voulait tant qu’il
soit fier d’elle. Derrière mon visage impassible et vide
de tous sentiments, j’ai subit tous ces coups avant de contre
attaquer enfin. Mon cosmos était depuis longtemps
éveiller au septième sens, mais j’ignorais ce que
cela signifiait, et Camus s’était bien gardé de me
le dire… J’ignorais pourquoi l’armure du Cygne
n’était pas pour moi…
Il m’a poussé à bout, j’ignore combien de
temps à durer notre combat, mais ce que j’ai compris alors
que je préparais ma dernière attaque, c’est
qu’il voulait que je le tue, et j’ai essayé."
Je me rappel ton regard Camus, je me rappel comme si
c’était hier, mais tu es trop important à mes yeux,
je te dois tout.
" Mais je ne pouvais pas.
Alors j’ai dévié mon dernier coup, et j’avais
raison, il ne m’avait pas destiné son exécution de
l’aurore. Je suis restée là, assise au milieu du
blizzard, attendant une réaction, je comprenais à peine
ce que tout cela signifiait, une épreuve ? Beaucoup de
chevaliers d’or gagnaient leur armure en tuant leur maître,
je le savais et c’est ce que camus attendait de moi à cet
instant, mais j’en étais incapable. "
J’ai toujours gardé en moi le souvenir de ces
premières larmes que j’ai versé, je voulais que tu
sois fier de moi, mais pour ça il aurait fallu que je te tue,
c’est ce jour là je crois que je suis redevenu humaine, je
t’ai déçu, je le sais, mais je ne pouvais pas te
tuer.
" Il m’a simplement regardé et il est repartit, me
laissant seule avec tout ce sang que nous avions répandu pour
rien, seule avec mes pensées et mes regrets "
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